Rapport du Reality of Aid Network – La lutte contre le terrorisme se fait aux dépens de la réduction de la pauvreté

Ottawa -- Une part disproportionnée de l’aide internationale destinée à l’Irak et à l’Afghanistan sert des intérêts personnels qui ont plus à voir avec la lutte contre le terrorisme que des objectifs de réduction de la pauvreté, indique un nouveau rapport.

Le rapport 2006 du Reality of Aid Network présente une vue d’ensemble de l’aide au développement. Il démontre que l’Irak et l’Afghanistan ont englouti près de 10 des 27 milliards de dollars qui avaient été ajoutés dans le budget des pays donateurs entre 2000 et 2004.

Selon le réseau indépendant, qui est constitué de différents groupes de la société civile, seulement le tiers des nouvelles sommes a été attribué aux Objectifs du Millénaire pour le développement de l’Organisation des Nations Unies.

Depuis le 11 septembre 2001, les tenants de la lutte contre le terrorisme «exercent des pressions importantes pour que la sécurité nationale devienne la principale politique étrangère dans plusieurs pays donateurs», indique le rapport.

Le groupe avait fait état des mêmes constats dans son rapport publié en 2004, mais il est maintenant préoccupé par le fait que les règles régissant l’aide au développement extérieur pourraient être modifiées afin d’y inclure plus de projets militaires.

«L’intégrité des nouvelles sommes attribuées au budget de l’aide internationale est compromise, car il y a de plus en plus de pressions pour modifier les critères régulant l’aide au développement», peut-on y lire.

«Il est vrai qu’il est difficile de mettre en place des projets d’aide au développement dans un contexte d’insécurité, mais les opérations militaires ne deviennent pas des activités de développement pour autant», a soutenu Gerry Barr, le président du Conseil canadien pour la coopération internationale lors d’une entrevue.

Bien que le Canada soit nommé dans le rapport, les États-Unis et l’Australie sont présentés comme les pires contrevenants.

Selon l’Agence canadienne de développement international (ACDI), entre 2001 et 2004, près de 28 % de la nouvelle aide canadienne offerte à l’Irak et à l’Afghanistan était liée à des raisons de sécurité mondiale. Le nouveau gouvernement conservateur a poursuivi le travail du précédent gouvernement libéral. Le premier ministre Stephen Harper a annoncé, la semaine dernière, que 15 millions de dollars supplémentaires allaient être consacrés à l’aide au développement dans les régions rurales de l’Afghanistan.

http://www.ledevoir.com/2006/06/19/111930.html